COMMUNIQUÉ DU MMTC
Prise de parole à la 95eme conférence internationale du travail

La mise en place des cadres promotionnels de travail décent pour chaque femme et homme en âge et force de travailler est impératif. Tous les pays en sont concernés, qu’ils soient en voie de développement ou industrialisé. La réalisation de ce grand défi au plan national permettra à chaque pays d’atteindre un développement durable et de réduire la pauvreté.

Continuer d’agir autrement c’est opter pour le maintien des phénomènes graves qui, non seulement font régresser les pays du Sud et les entraînent dans une voie de sous développement, mais aussi, menacent la paix et la stabilité dans tous les pays du monde.

Des millions de travailleurs sont des laissés pour compte de la globalisation économique croissante, qui occasionne des changements permanents dans le monde du travail. Ils sont exclus du dialogue social et de la protection sociale. De même, le chômage et la précarité d’emploi accentuent tant la pauvreté, que les phénomènes de la migration clandestine et de l’intolérable travail des enfants.

Quel avenir dans un monde où plus de 200 millions d’enfants sont obligés d’épuiser toute leur vitalité au travail et trop souvent dans des conditions désastreuses? Quel avenir dans un monde où pour des milliers de travailleuses et travailleurs des classes défavorisées, l’important enjeux de la Relation de Travail est déstabilisé et la Sécurité et Santé au Travail inexistante ? Quel avenir dans un monde où la grande majorité de la force vive des pays du Sud ne survivent qu’en exerçant parfois un à quatre emplois précaires par jour, dans les secteurs informels, sans aucun droit à la protection sociale pour eux et leur famille ? Quel avenir dans un monde où il n’est laissé aucun choix à des peuples, qui assistent passivement au pillage organisé des ressources de leurs pays ? Comment se fait-t-il par exemple que l’Afrique qui regorge d’abondantes richesses minières n’ai pas de base solide de développement durable ? La plus grande partie des différents minerais quitte ces pays, sans aucune taxation, est transformé dans un autre pays avant d’arriver sur le marché mondial. Au Congo, ceux qui travaillent dans les mines (parmis lesquels des enfants de 7-8 ans), n’ont reçu en 2004 que 1.000 dollars par tonne de cobalt, alors que sa valeur sur le marché mondial est de 55.000 dollars.

Quel avenir dans un monde où des milliers de familles sont disloquées parce que père, mère et enfants sont contraints de s’embarquer dans l’aventure périlleuse de la migration clandestine, dans l’espoir d’y trouver des solutions à leurs attentes légitimes de travail décent et de condition de vie digne?

D’une part, le phénomène de la migration clandestine, est loin de combler l’espoir de ces millions de personnes défavorisées, victimes des effets néfastes de la mondialisation de l’économie. Bien au contraire, il contribue à appauvrir d’avantage les pays d’origine, en les privant d’une main-d’œuvre et de l’intelligentsia, pourtant essentielles à leur développement social et économique.

D’autre part, il ne s’agit pas de tuer l’espoir de ces peuples en menant en amont une politique restrictive de visa pour vaincre la migration clandestine. Cette politique brutale conduit à la violation des droits et porte atteinte à la dignité de ces peuples, qui sont ainsi humiliés et exclus du dialogue et des perspectives internationale.

Au lieu de se limiter à multiplier des mesures draconiennes et humiliantes, dont le seul but est d’empêcher à des peuples qu’on a transformé en «damnés de la terre » de passer la forteresse des pays développés, il faut que des mesures soient prises avec autant de rigueurs, pour STOPER à l’immédiat la gabegie de leurs ressources et la part belle faites aux partenaires privés, sans contrepartie véritable pour les peuples concernés. En effet, pourquoi taire le pillage systématique du continent africain et s'évertuer au niveau international à proclamer que celui-ci reste l’éternelle assistée des pays industrialisés ? Il faut pourtant par le même engouement dénoncer ces pillages systématisés, qui le maintiennent dans une pauvreté contraignante, l’instabilité sociale, économique et politique, et qui multiplie les guerres.

Il est prioritaire que le partage équitable des progrès économiques, technologiques et sociaux soit acquis pour tous et toutes, dans toutes les régions du monde, ce qui permettrait la création des emplois et la mise en place de mécanismes du travail décent.

La Santé et Sécurité au Travail ainsi que l’enjeu de la Relation de Travail, font partie des valeurs essentiellement incontournables et indispensables à la création et au maintient d’un travail décent. Cependant, la capacité à maîtriser tous les risques liés à l’exercice d’un métier, et à s’intégrer au débat social dépend fort du niveau d’éducation de chaque travailleur.
Il devient dès l’or très urgent de mener des campagnes nationales de prévention, pour sensibiliser les populations sur les risques, ainsi que les conséquences immédiates et à long terme de la non application de la Sécurité et Santé au Travail. Il faut de même créer des cadres favorables à un dialogue social non exclusif.
La Santé et la Sécurité au Travail, ainsi que la Relation de travail relève également de la responsabilité de chaque employeur. Ils doivent être appliqué même dans les zones franches. Aussi, les gouvernements, en tant que plus grands employeurs de chaque pays, doivent être les premiers instigateurs de la mise en application des normes internationales de travail qu’ils ratifient.

Le MMTC

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